Amandine

— 15 novembre 2020 –Second confinement
Amandine.

Ce matin-là, le soleil était de bonne humeur, il dispensait sa chaleureuse et douce lumière qui nimbait la campagne environnante.
Les rayons faisaient s’évaporer le givre en volutes fumantes et tournoyantes.
La nuit avait été froide et le gel figeait toute végétation sous une légère croûte blanche.
J’étais sorti comme chaque matin pour libérer les poules impatientes.
Amandine, ma voisine bovidé, voulait des gratouilles sur le front.
Elle s’était avancée jusqu’à moi et m’en avait réclamé en baissant la tête.
Je l’avais donc gratté, juste sous les cornes, et elle en avait paru ravie.
« Meuuuuuh », m’avait-elle dit, en bavant sur mes chaussures.
« C’est malheureux mais je n’ai pas de doigts pour me gratouiller et mon front est inaccessible à mes sabots ».
Puis en remerciement elle m’avait léché la main de sa langue moite et râpeuse.
Je l’aime bien Amandine avec ses yeux en amande et ses jeunes cornes.
Je suis persuadé que ce sont des antennes qui lui permettent d’entendre des choses auxquelles, nous autres, pauvres humains n’avons pas accès.
Une sorte de radio FM.
Meuuuuuh radio, peut-être ?

Et vous, vous écoutez quelle radio ?


Page 90 du livre “Petit journal utopique d’un photographe bienveillant”

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